Les gaz verts : vecteurs de la transition énergétique

06/10/2021

Depuis l’arrêt en 2013 de la dernière usine de production de gaz naturel sur son territoire, la France importe 99% de son gaz naturel. Depuis une dizaine d’années, la production locale de gaz verts contribue tant à la décarbonation qu’à l’indépendance énergétique de notre pays. Retour sur la belle dynamique du biogaz.

Depuis quelques années, le biométhane se développe considérablement. Gaz vert 100% renouvelable, il est issu de la fermentation de matières organiques. Une fois épuré, il acquiert des propriétés similaires à celles du gaz naturel mais avec un bilan carbone 10 fois moins élevé ! Il peut alors être injecté dans les réseaux de gaz et couvrir l’ensemble des usages habituels : la chaleur, l’eau chaude sanitaire, la cuisson et la mobilité.

Au 1er juin 2021, 244 sites injectaient du biométhane dans les réseaux de gaz. Cela correspond à la consommation annuelle moyenne de 173 000 bus ou camions roulant au BioGNV ou encore de 1 million de logements neufs chauffés au gaz. Les exploitations agricoles représentent près des 3/4 des sites de production.

La dynamique du biométhane est très positive puisque 1200 projets sont à l’étude ou déjà en cours de réalisation partout en France, pour une capacité maximale cumulée de 26,5 TWh.

Progression du nombre de sites d'injection (Source : Panorama du gaz renouvelable 2020)

Une opportunité pour la filière gazière

Le biométhane représente environ 1 % du gaz injecté dans les réseaux en 2020. Les acteurs gaziers ambitionnent d’atteindre 30 % en 2030 et 100 % en 2050.

L’injection de biométhane constitue une opportunité pour la filière gazière, car il permet de décarboner rapidement l’énergie gaz, contrant ainsi les arguments avancés envers le gaz naturel. Il nécessite toutefois des aménagements substantiels, notamment de renforcement des réseaux à proximité des installations afin d’en permettre l’injection du biométhane produit.

Des solutions de rebours sont également développées pour envoyer le biométhane vers d’autres territoires ou pour le stocker dans les réservoirs souterrains du réseau. En effet, contrairement aux autres énergies renouvelables (solaire, éolienne), le biométhane se stocke très facilement pour répondre aux variations de consommation saisonnière.

Le biopropane : une autre solution d’avenir

Un autre gaz renouvelable d’avenir est le biopropane. Ce gaz renouvelable produit à partir de déchets industriels recyclés et d’huiles végétales présente les mêmes caractéristiques que le propane « classique ». Son faible niveau d’émission de CO2 permet une réduction de 82 % par rapport aux autres énergies fossiles.

Livré pour la première fois en 2018 en provenance de Rotterdam (Pays-Bas), ce nouveau propane est produit en France depuis 2019 par la bioraffinerie de Total La Mède, localisée à Châteauneuf-les-Martigues près de Marseille. Elle utilise le procédé de transformation nommé HVO (huiles végétales hydrogénées) qui nécessite de l’hydrogène. Le recours à des sources d’approvisionnement bas carbone tel que l’hydrogène permet encore de réduire le contenu carbone du biopropane.

D’autres projets de bioraffinerie ont été annoncés en Île-de-France et en Normandie. Aujourd’hui, les volumes de biopropane produit restent faibles mais le biocarburant est en croissance régulière et vise l’objectif de 100 % en 2050.

Les gaz verts ont un bel avenir devant eux et seront à n’en pas douter les vecteurs de succès de la transition énergétique pour la filière gazière.

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