Le tube de cuivre dans les installations gaz

En France, le cuivre est de loin le principal matériau utilisé pour les canalisations de gaz à l’intérieur des bâtiments. Les tubes de cuivre pour les installations de gaz sont les mêmes que ceux utilisés en distribution sanitaire et chauffage et sont déf inis par la norme NF EN 1057 pour les tubes nus et par la norme NF EN 13349 pour les tubes revêtus. Le marquage NF atteste de la conformité à la norme.

La mise en oeuvre des installations de gaz en cuivre doit se faire conformément aux prescriptions du NF DTU 61.1 et des spécifications ATG B 524. Ces spécifications couvrent également les raccords et les alliages d’apport. Le domaine d’emploi des tubes nus ou prégainés et des raccords en cuivre pour les installations de gaz s’étend aux tuyauteries enterrées, en élévation ou incorporées, à l’exception des “tiges cuisine”. On trouvera ici les extraits de ces textes concernant les règles essentielles de mise en oeuvre.

Le façonnage du tube cuivre

Cintrage des tubes à l’état écroui

Les tubes en cuivre écrouis peuvent se cintrer à froid sur machine à cintrer jusqu’au diamètre extérieur de 22 mm(1). Après l’opération de cintrage, le tube ne doit comporter ni pliure ni déchirure. À titre indicatif, le rayon minimal de cintrage des tubes écrouis est indiqué dans le tableau 1 extrait de la norme NF EN 1057. Le NF DTU 61.1 actuel ne mentionne pas les dispositions de cintrage pour le cuivre à l’état demi-dur. Cependant l’état demi-dur est conforme à la spécification ATG B.524 et se cintre comme le tube écroui.

Cintrage des tubesà l’état recuit

Quel que soit leur diamètre, les tubes à l’état recuit ou recuit sur chantier peuvent être cintrés soit sur machine à cintrer, soit à l’aide d’un outillage spécifique (mandrin, ressort à cintrer), soit en utilisant la technique dite “au sable”. À titre indicatif, le rayon minimal habituel de cintrage mesuré à la fibre neutre est de 3 fois le diamètre extérieur du tube.

tableau_tubes

(1) Les tubes écrouis de diamètre extérieur supérieur à 22 mm doivent faire l’objet d’un recuit préalable avant cintrage.

Autres façonnages

Lorsqu’ils sont autorisés, les emboîtures, rétreints et collets battus doivent être réalisés à froid à l’aide d’outils spécifiques. Les rétreints et collets battus doivent être réalisés sur des tubes à l’état recuit. Les emboîtures réalisées à la pince sur chantier sont interdites.

 

L’assemblage des tubes cuivre

Les tubes en cuivre doiventêtre assemblés soit par brasage capillaire fort ou tendre pour les tubes de diamètre extérieur inférieur ou égal à 54 mm, soit par soudobrasage pour les tubes de diamètre extérieur supérieur ouégal à 42 mm et inférieur ou égal à 110 mm. L’utilisation de la brasure tendre (température de fusion du métal d’apport inférieureà 450 °C) n’est autorisée que dans les cas suivants :

  • Pour les installations intérieures des habitations individuelles alimentées à une pression au plus égaleà 400 mbar ;
  • Pour les installations intérieures des logements collectifs alimentées à une pression au plus égale à 50 mbar et après pénétration dans le logement ;
  • Pour les réparations à l’identique d’assemblages réalisés en brasure tendre ;
  • Pour les installations comportant des tiges après compteurs, en aval du robinet supplémentaire installé à proximité immédiate de la pénétration dans le logement.

Les assemblages par brasage capillaire doivent être réalisés exclusivement par raccords conformes à la spécification ATG B 524 ou dans le cas d’éléments préfabriqués, par emboîtures venues d’usine et répondant aux prescriptions correspondantes de la spécification ATG B.600. Concernant le mode d’assemblage par sertissage, un arrêté du 26 septembre 2006 rend obligatoire le cahier des charges CCH AFG 2004-02 de juin 2006 “Raccords à sertir en cuivre utilisables sur les installations de gaz ”. Ce document définit les caractéristiques des raccords, leurs règles de mise en oeuvre et les règles de mise en oeuvre des installations comportant des raccords sertis en cuivre. La preuve de conformité à la spécification des raccords sera apportée par la délivrance de la marque ATG par CERTIGAZ.

Cependant, à la date de rédaction de cet article, aucun raccordà sertir n’était titulaire de cette certification.

L’assemblage du cuivre avec les autres matériaux

  • • Cuivre et acier : le brasage capillaire est interdit. Les assemblages de jonction sont réalisés par soudobrasage (interdit sur chantier), par manchettes d’assemblage ou par joint mécanique dans le cas où le soudage, le soudobrasage ou le brasage ne peuventêtre exécutés en place. Les piquages directs sont interdits.
  • • Cuivre et acier inox : les jonctions s’effectuent par brides. Les piquages directs sont interdits.
  • • Cuivre avec plomb : les assemblages de jonction ou piquage sont réalisés par soudage “à l’étain”.
  • • Cuivre avec polyéthylène : ces jonctions s’effectuent par raccords à emboîture électrosoudable ou raccords mécaniques. Les piquages directs sont interdits. En outre, toutes les précautions doivent être prises pour que le tube polyéthylène ne subisse pas de détérioration du fait de la chaleur lors de sa mise en oeuvre ou de celle d’autres matériels.

 

Installation des tuyauteries enterrées

Les tuyauteries enterrées ne doivent pas être placées :

  • Sous les bordures et caniveaux de trottoir parallèlementà l’axe de la circulation.
  • A l’aplomb et en parallèle de toute autre canalisation ou caniveau technique ;
  • Sous un bâtiment.

Toutefois, pour les installations intérieures desservant une habitation individuelle, un parcours sous cette dernière est toléré, sous réserve du respect des deux conditions suivantes :

  • L’installation est réalisée en tube en cuivre sans assemblage ;
  • Toutes les précautions nécessaires sont prises pour éviter tout risque de cisaillement.

Le passage en égout est interdit. La traversée des regards et volumes non ventilés est interdite, sauf si la tuyauterie est placée dans un fourreau continu sur toute la longueur de l’ouvrage, débordant de part et d’autre à l’extérieur de celui-ci et étanche dans la traversée. Le fourreau doit être placé de façon à ne pas gêner l’ouvrage traversé.

Pose des tuyauteries

La tuyauterie doit être installée avec une couverture minimale de 0,50 m. Dans le cas où cette couverture minimale ne pourrait être techniquement respectée, une protection suffisante contre les chocs dus aux outils de jardinage, pieux, etc. doit être mise en place. Les tuyauteries doivent être assises sur un fond de fouille stable, épierré, solide et dépourvu de points durs. Les tubes de cuivre nu devront être posés sur un lit de sable. Lorsque le tube de cuivre est placé sous fourreau pour des raisons de protection mécanique, il faut veiller à éviter les entrées d’eau.

Installations des tuyauteries en élévation

Il est interdit d’emprunter ou de traverser :

  • Les cuves et réservoirs destinés au stockage de combustible liquide ;
  • Les conduits de ventilation, de désenfumage et/ou d’évacuation des produits de combustion ;
  • Les cages et gaines d’ascenseurs ou de monte-charges ;
  • Les parcs de stationnement de plus de 250 véhicules (loi du 19 juillet 1976- rubrique 2935 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement) ;
  • Les locaux contenant :
  • Les chaufferies, sauf pour les canalisations nécessaires au fonctionnement propre de ces installations (les sous-stations et les postes de livraison de chauffage ne sont pas visés par la présente interdiction),
  • Les machineries d’ascenseurs ou de monte-charges,
  • Un ou des groupes électrogènes, sauf pour les canalisations nécessaires au fonctionnement propre de ces installations,
  • Les transformateurs.

Pour les locaux ci-dessus, une tuyauterie de gaz placée à l’intérieur d’une gaine en matériau incombustible MO de degré coupe-feu au moinségal au degré coupe-feu des parois du local traversé est considérée comme hors du volume enveloppe du local. La traversée des gaines non spécifiques au gaz (conduits de chute de vide-ordures, gaines de service spécialisées) peut être admise sous réserve des restrictions relatives au tracé du NF DTU 61.1 (paragraphe 5.3.3.1.2). La traversée des locaux destinés au dépôt et au stockage de combustibles solides ou liquides, des mini-chaufferies, des locaux de réception des ordures ménagères, des machineries autres que celles d’ascenseur ou de montecharge peut être admise sous réserve des restrictions relatives au tracé du NF DTU 61.1 (paragraphe 5.3.3.1.2).

 

Supports des canalisations

D’une façon générale, le support des canalisations doit être assuré :- soit par des colliers conformes aux spécifications du tableau 2, l’utilisation de colliers préisolés dans tous les cas est recommandée ; – soit par un support continu dont la rigidité et la nature sont compatibles avec le poids et la nature du tube et assurant un guidage latéral. Un tel support peut, par exemple, être un profilé métallique. La distance entre la tuyauterie gaz et les autres canalisations doit être respectée (voir NF DTU61.1 chapitre 5.3.3.2.1). Une fixation doit être placée à proximité immédiate de tout dispositif d’obturation, sauf dans le cas où celui-ci posséderait lui-même une fixation. La réglementation fixe les dispositions particulières complémentaires pour :

  • Les installations de gaz à usage collectif traversant un parc de stationnement annexe d’un bâtiment d’habitation ;
  • Les canalisations d’alimentation des chaufferies et des mini-chaufferies installées dans le volume d’un parc de stationnement annexe d’un bâtiment d’habitation ;
  • Les canalisations d’alimentation des chaufferies installées dans les passages appartenant aux parties communes (couloirs de cave par exemple) d’un bâtiment d’habitation neuf ;
  • Les canalisations extérieures d’alimentation de chaufferie en terrasse ou en étage non surmonté d’étage habité ou occupé ;
  • Les canalisations extérieures au bâtiment.

tableau2_tubes

Tuyauteries cuivre incorporées aux éléments de construction
(murs, cloisons, planchers)

Les tuyauteries en cuivre nu peuvent être incorporées dans les bétons ou mortiers. Toutefois, dans le cas de bétons et mortiers dont les adjuvants contiennent des chlorures, iodures ou dérivés ammoniacaux, ou en cas de méconnaissance des caractéristiques du béton, l’incorporation directe n’est pas une solution à retenir compte tenu des réactions physicochimiques imprévisibles. La tuyauterie cuivre devra alorsêtre protégée avant incorporation par un revêtement ou un gainage. L’incorporation dans un plancher d’une tuyauterie cuivre reposant directement sur un entrevous est interdite.

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Le tube de cuivre dans les installations gaz